Le mot du comité

Au soir du 22 août dernier, à la clôture de l’appel à manifestation d’intérêt, quelque 3 200 dossiers étaient parvenus au ministère de la Culture sur le site de Mondes nouveaux. C’est dire combien cet appel a su être entendu et a pu susciter d’enthousiasme. Comment ne pas s’en réjouir !

Est aujourd’hui venu le temps des arbitrages, qui ont conduit le comité artistique à sélectionner parmi ces dossiers 264 propositions, venues d’horizons artistiques et géographiques très divers. Dans ces choix toujours difficiles, parfois douloureux, le comité s’est efforcé de tenir compte aussi bien du nombre important de propositions initialement transmises, qui témoigne assurément d’une demande pressante de la part des créatrices et créateurs, que de la qualité de chaque projet, pour atteindre les objectifs qu’il s’était fixé au départ : soutenir des créations originales, et se donner les moyens de les accompagner dans chacune des étapes menant à leur réalisation.

Il faut désormais s’atteler à la tâche, auprès de celles et ceux qui vont recevoir une bourse leur permettant de prendre le temps de l’étude, afin de définir les conditions de réalisation de leur œuvre. Dans les semaines et mois qui suivront, les premières créations prendront forme, qui seront présentées, exposées dans différents lieux du Centre des monuments nationaux, du Conservatoire du littoral ou partout ailleurs, selon la nature de l’œuvre, selon la proposition de l’artiste, selon le dialogue qui s’établira avec le site et ses équipes.

Ces Mondes nouveaux sont désormais en passe d’être réalité. On veut espérer qu’ils ouvrent d’autres voies, dessinent d’autres perspectives pour des créations de toute nature, susceptibles d’offrir un portrait du temps. Mais nous y entrevoyons déjà un stupéfiant réservoir de formes et d’inventions, de critiques et d’utopies.

À celles et ceux s’inquièteraient du pouvoir de la création dans des temps désenchantés, ces projets répondent par un foisonnement de signes et de propositions. « Là où est le péril, là croît aussi ce qui sauve », disait le poète. On voudra lui donner raison.

L’appel Mondes nouveaux voulait faire entendre la parole des artistes, se donner les moyens d’écouter leurs attentes et d’y répondre concrètement. Il voulait construire une méthode et un protocole nouveaux, loin de tous clivages entre disciplines artistiques, constituer une forme d’hospitalité, au sens où le philosophe la définissait : un acte d’accueil. Il voulait être attentif à la création contemporaine dans la diversité de ses pratiques, de ses disciplines et de ses territoires — s’aventurer là où l’on ne va pas encore, ou là où l’on ne va plus. Gageons que la profusion des propositions qui vont s’offrir à toutes et à tous seront, dans les mois qui viennent et pour longtemps encore, à la mesure de cette attente, de ces désirs, de cet appel.